EDUCATION

EDUCATION DES ENFANTS (14): LA MODESTIE Nous avons vu que la flagornerie était détestable en Islam. Une trop grande modestie engendre l’avilissement et cache souvent une faiblesse intérieure. On donnera l’exemple du professeur incompétent qui occupe une place qu’il ne mérite pas, car ses connaissances sont insuffisantes. Pour pallier son incompétence, il se voit obligé soit d’être si violent et autoritaire que ses élèves hésitent à lui faire remarquer que ses connaissances sont inexactes, soit à se montrer si humble que les élèves lui pardonnent son incompétence pour le respect que l’enseignant leur témoigne. On rapporte ainsi de l’Imam Al-Sãdiq paix sur lui: «Il ne convient pas à un croyant de s’avilir. On lui demanda alors comment s’avilit-i? Il s’engage pour un travail qu’il ne peut pas mener à bien » (Usul Kafi, t.5, p.64) و عن الصادق عليه السلام: لا ينبغي للمؤمن ان يذل نفسه. قيل له و كيف يذل نفسه؟ قال يتعرض لما لا يطيق. Le pêché et l’insoumission sont une autre source d’avilissement intérieur. Un homme souillé par le pêché tentera toujours de cacher ses pêchés dans son for intérieur et de les oublier, mais une certaine conscience morale ne quitte jamais la personne, qui en souffre. Bien qu’elle s’essayât à dissimuler cette douleur en exhibant une force de caractère parfois artificielle, cet échec réapparaît à son insu dans ses paroles et ses actes. La piété est une condition de prestance et de grandeur d’âme. On rapporte du saint Prophète de l’Islam paix sur lui et sa famille: « celui qui veut être le plus respectable des gens, qu’il craigne Dieu qu’Il soit exalté » (Bihar Al-Anwãr, t.17, p.48). قال رسول الله صلى الله عليه و آله و سلم: من اراد ان يكون اعز الناس فيلتق الله عز و جل. On rapporte également de l’Imam Al-Sãdiq paix sur lui: « je vous enjoins à la crainte de Dieu, et ne permettez pas aux gens de vous dominer par le péché » (Wasa’il Al-shia, t.3, p.202). عن ابي عبدالله عليه السلام اوصيكم بتقوى الله و لا تحملوا الناس على اكتافكم فتذلوا. Par ailleurs, certaines personnes incompétentes arrivent parfois à des postes de responsabilité mais tout en reconnaissant leur faiblesse, leur amour du pouvoir ne les laisse pas quitter ce poste. Ils se comportent alors de façon à dissimuler leur faiblesse, recourant à la force et se comportant de manière dictatoriale. On rapporte de l’Imam Al-Sãdiq paix sur lui: «Celui qui requiert une responsabilité sans le mériter, il lui est interdit d’être obéi avec raison » (Tuhaf Al-‘uqul, p.321) قال الصادق عليه السلام من طلب الرئسة بغير حق حرم الطاعة له بحق. Seuls les gens nobles et savants sont immunisés contre ces comportements regrettables. Face à la science et aux savants, il est nécessaire d’être humble. On rapporte du Saint Prophète paix sur lui et sa famille: «Celui qui ne s’abaisse pas à apprendre la science pendant une heure, restera pour toujours dans l’humiliation de l’ignorance » (Bihar Al-Anwãr, t.17 , p.46) قال رسول الله صلى الله عليه و آله: من لم يصبر على ذل التعلم ساعة بقي في ذل الجهل ابداً. On rapporte également de Ali ibn Abi Talib paix sur lui: « la flagornerie et la jalousie n’est pas du croyant sauf en ce qui concerne l’apprentissage de la science » (Tuhaf Al-‘uqul, p.207) قال علي عليه السلام: ليس من اخلاق المؤمن الملق و لا الحسد الا في طلب العلم. EDUCATION DES ENFANTS (13): LA MODESTIE Après avoir passé en revue le problème de l’orgueil, nous nous intéressons maintenant à une qualité essentielle en Islam, la modestie. La modestie a été grandement recommandée par le Saint Coran et la Tradition. La modestie ne doit pas tomber dans l’excès, car la flagornerie est réfutée par l’Islam. L’origine de la vraie modestie doit être la noblesse et le respect du droit des autres, et non pas une faiblesse personnelle. Une personne modeste est sûre d’elle-même et ne ressent pas d’humiliation intérieure. On rapporte de l’Imam Ali paix sur lui concernant le comportement des croyants: "D’un tempérament facile et d’une nature avenante, au for intérieur plus solide que le roc et plus modeste que l’esclave" (Voie de l’Eloquence – trad.Fayz -, p.1234). سهل الخليقة ليين العريكة نفسه اصلب من الصلد و هو اذل من العبد La modestie qui trouve sa racine dans l’humiliation intérieure ou la cupidité n’est pas authentique et ne permet pas de s’élever spirituellement. Au contraire, elle peut aboutir à un rabaissement de l’individu. L’Islam accorde une importance particulière au respect de la dignité du croyant et l’on rapporte du Saint Prophète de l’Islam paix sur lui et sa pure famille: "Il n’est pas permis au croyant de s’auto-humilier" (Tarikh Ya’qubi, p.67) قال رسول الله صلى الله عليه و آله: لا يحل لمؤمن ان يذل نفسه Les lois de l’Islam insistent sur la noblesse des musulmans et il n’est pas permis, dans le gouvernement islamique, de les humilier en aucune façon, car la tâche d’un gouvernement islamique est de former un peuple libre et courageux. Cela vaut également au niveau individuel. Il n’est pas permis de faire ses ablutions avec de l’eau, si cela nécessite de s’humilier pour l’obtenir, et il faut alors lui préférer l’ablution sêche - tayyamum. Un recueil jurisprudentiel assume ainsi que "si on lui donne l’eau sans qu’en devienne redevable, et sans avilissement,, il faut l’accepter" (Urwat al-wuthqa, question 17). Ali ibn Abi Talib paix sur lui rapporte du Saint Prophète paix sur lui et sa famille: le saint prophète entra dans une assemblée de compagnons, qui le saluèrent avec entrain et le qualifièrent de maître. Le Saint Prophète devint très mécontent puis dit: "ne dites pas cela, mais dites: bienvenue à notre prophète et au messager de notre Seigneur, dites la vérité et n’exagérez pas dans vos paroles, afin d’éviter l’égarement". (Ja’fariyyat, p.184) فغضب رسول الله صلى الله عليه و آله غضبا شديدا ثم قال لا تقولوا هكذا و لكن قولوا مرحبا بنبينا و رسول ربنا قولوا السداد من القول و لا تقولوا في القول تمرقوا Par ailleurs, pendant le régime gouvernemental de l’Imam Ali paix sur lui, Ali ibn Abi Talib paix sur lui ordonna qu’on écrivât les requêtes, plutôt qu’on les dise par oral, afin d’éviter de voir le visage désabusé du demandeur. (Thamarat al-awraq, t.2, p.244). Nous avons déjà souligné le puissant instinct d’amour propre qui anime indifféremment tous les individus. Donc, le mécanisme de la flagornerie débute avec un sentiment caché d’abaissement que l’individu transforme, pour des raisons complexes, en un comportement étrange, fait de flatterie et de flagornerie qui conduit in fine l’individu à s’avilir. On peut remonter à l’origine de ce phénomène complexe. La sévérité excessive des parents peut générer un sentiment de stress et d’incertitude chez l’enfant, si bien qu’il se retrouve isolé et malaimé, ne trouvant pas la possibilité de s’épanouir affectivement et spirituellement. Il éprouve un sentiment perpétuel de manque, étant incapable de se fixer quelque objectif déterminé, ne se donnant pas le droit d’exprimer sa personnalité réelle et son indépendance d’esprit. En un mot, cet enfant n’ose pas s’affirmer avec force et reste en retrait. Si cet enfant est capable d’oublier le comportement ignorant et méprisant de ses parents envers lui, il deviendra capable de voler de ses propres ailes, s’affirmant comme un membre actif et utile de la communauté dans laquelle il vit. A l’inverse, s’il est incapable de se départir de ces souvenirs amers, il risque de se prêter à l’humiliation permanente en se comportant de manière avilissante. De peur que les autres ne se comportent comme le firent autrefois ses parents et les siens à son égard, il préfère s’avilir lui-même afin d’éviter que les autres ne puissent le faire, et à ses yeux, il est préférable de s’avilir soi-même, plutôt que d’être avili par d’autres. Une seconde raison peut être la pauvreté matérielle des parents, durement vécue par l’enfant et qui s’est transformée progressivement en un sentiment de faiblesse et d’abaissement chez lui. Pour ceux qui ont pu travailler dur pour s’en sortir et devenir en cela un modèle de réussite, ils ont su briser le cercle de l’humiliation et se libérer de ce sentiment prégnant d’avilissement. Pour les autres, ils continuent à nourrir dans leur for intérieur ce sentiment les rongeant et flagornent ceux qui, à leurs yeux, représentent ce qu’ils n’ont pas su devenir eux-mêmes. L’Islam par exemple, a condamné ceux qui s’abaissent devant les riches et qui les respectent uniquement pour leur richesse. On rapporte ainsi du saint Prophète paix sur lui et sa famille: "Dieu maudisse celui qui respecte le riche pour sa richesse" (Li’ali al-akhbar, p.128) قال رسول الله صلى الله عليه و آله : لعن الله الغني لغناه On rapporte de l’Imam Sãdiq paix sur lui qu’un jour, un homme fortuné vint voir le saint prophète et s’assit auprès de lui. Puis vint à son tour un pauvre homme (Usul Kafi, t.2, p.262). Quand le pauvre s’assit auprès du saint Prophète, l’homme fortuné tira son habit vers lui. Voyant cela, le saint prophète demanda: "tu as eu peur que sa pauvreté ne te touche?" Il dit : "non", "- tu as eu peur qu’une partie de ta fortune lui revienne? – non - tu as peur qu’il salisse ton vêtement? - Non - Pourquoi alors as-tu tiré vers toi ton vêtement? - O Messager de Dieu, la fortune qui m’accompagne jour et nuit m’éloigne de la réalité, m’embellit les choses laides, et m’enlaidit les belles choses. Pour compenser mon comportement regrettable, je donne la moitié de ma fortune à cet homme - S’adressant à l’homme pauvre, le saint prophète demanda: acceptes-tu? - Qui répondit: "Non". - "Pourquoi", demanda l’homme fortuné - car j’ai peur, si j’accepte cette fortune, d’être touché par le même mal que toi " فقال رسول الله صلى الله عليه و آله للمعسر: أ تقبل؟ قال لا فقال له الرجل و لم؟ قال اخاف ان يدخلني ما دخلك EDUCATION DES ENFANTS (4): LE RESPECT وَقُل لِّعِبَادِي يَقُولُواْ الَّتِي هِيَ أَحْسَنُ إِنَّ الشَّيْطَانَ يَنزَغُ بَيْنَهُمْ إِنَّ الشَّيْطَانَ كَانَ لِلإِنْسَانِ عَدُوًّا مُّبِينًا. Et dis à mes serviteurs de ne s’exprimer qu’avec les meilleures paroles (sourate Isra, verset 53) L’amour de soi L’amour de soi est un instinct puissant chez l’être humain et l’éducateur fera bien d’utiliser cet instinct pour cultiver les qualités morales chez l’enfant. Si cet instinct est correctement guidé et exploité, l’épanouissement et le développement de l’enfant seront d’autant plus réussis et s’accompagnera du bonheur de vivre. Un enfant dont l’amour de soi serait mis à mal par l’irrespect et le mépris, se verrait rapidement dépourvu de la confiance en soi nécessaire à la vie familiale et sociale. Il deviendrait bientôt déprimé et psychopathe. Le respect envers les autres Le respect envers les autres fait partie des qualités dont était pourvu le saint Prophète de l’islam, Muhammad ibn Abdallah paix sur lui et sa famille. Quand il avait la visite d’une personne, il posait sa tunique sur le sol afin qu’elle s’assit et il installait son oreiller afin qu’elle fut confortablement installée (Bihar al-anwar, t.6, p.151). Lorsqu’un compagnon venait le voir, il s’asseyait avec lui jusqu’à ce que l’homme se lève lui-même. Et quand le compagnon voulait lui serrer la main, le saint prophète paix sur lui et sa pure famille, lui donnait la main et ne la retirait pas tant que cet homme la retire lui-même (Bihar al-anwar, t.6, p.152). On rapporte de l’Imam Baqir paix sur lui : « Parlez avec les gens de la manière que vous préférez qu’ils parlassent avec vous » (Wasa’il, t.4, p.93) On rapporte de Abi Abd Allah paix sur lui : « celui qui fait montre de respect envers son frère musulman, c’est comme s’il avait fait montre de respect envers Dieu exalté soit-Il » (Wasa’il, t.4, p.97) Par ailleurs, en aucun cas un musulman n’est autorisé à ridiculiser son frère musulman et l’on rapporte du saint Prophète de l’islam paix sur lui et sa famille: «N’humiliez pas même un seul musulman car même le plus petit (médiocre) d’entre eux est grand auprès de Dieu » (Recueil de Warram, t.1, p.31). Il existe d’innombrables textes religieux, qu’il s’agisse de versets coraniques ou de procès-verbaux, qui invitent expressément à respecter les gens. Le respect envers l’enfant Concernant les parents, élever son enfant avec respect, en le considérant comme un membre à part entière de la famille et en respectant ses besoins et ses désirs, renforceront chez lui son indépendance d’esprit et sa confiance en soi. La personnalité de l’enfant se construit progressivement, depuis l’allaitement jusque l’apprentissage des cinq sens, de l’usage de la parole et le développement de l’entendement. Il convient que les parents suivent pas à pas les progrès de l’enfant et l’accompagnent dans l’édification de sa personnalité. Le prophète de l’islam paix sur lui et sa famille résume le programme éducatif en une phrase : « اكرموا اولادكم و احسنوا ادابهم» « Respectez vos enfants et améliorez leurs manières » ( Bihar, t.23 , p.114). Le programme éducatif La première étape de ce programme pour les parents consiste à considérer leur enfant comme un véritable être humain miniature et non pas comme un poussin qui mange, boit et dort. L’enfant a sa propre personnalité même s’il est impuissant et faible. Le rôle des parents est de couver les potentialités de leur enfant, de les développer et de leur permettre de s’exprimer puis de rendre ce potentiel effectif et opérationnel. De cette façon, les enfants qui évolueraient dans un environnement familial où les parents méprisent ses activités enfantines, utilisent la méthode de la terreur et de la violence, se verraient bientôt privés d’une croissance psychologique normale et souffriraient d’une déficience de capacité intellectuelle, de confiance en soi et d’utilisation de la parole. Le jeu : un moment de progrès L’une des occupations favorites de l’enfant est le jeu. C’est un instinct puissant qui anime l’enfant et résulte de sa curiosité. Par exemple, l’enfant aime à étaler ses jeux dans sa chambre, puis à les ranger à nouveau, et il peut recommencer ce processus plusieurs fois. Le jeu a pour l’enfant un rôle stabilisateur significatif au niveau psychologique et physique. Outre qu’il satisfait ainsi un instinct duquel il ne peut s’abstraire, l’enfant s’adonnant au jeu stimule sa curiosité, renforce sa compréhension des phénomènes physiques simples, favorise le développement de sa capacité d’innovation, enfin solidifie sa musculation et améliore sa maîtrise des nerfs. Quand un enfant s’amuse, par exemple, à construire un château de sable, il exerce ses capacités mentales et manuelles tel que le ferait un architecte ou un maçon, et quand il se heurte à un obstacle, une difficulté ou un écueil, il cherche à l’éviter, le contourner ou à l’éliminer. Il est donc déplacé pour les parents d’humilier l’enfant et de le ridiculiser en ces occasions car le mépris provoquera chez l’enfant un sentiment de nullité tout à fait nuisible. L’enfant, tout comme les adultes, suit un cheminement intellectuel propre, même s’il peut être plus élémentaire et aléatoire que celui des adultes. Quand l’enfant s’efforce de monter sur une chaise ou de remplir un seau de sable, l’enfant s’est défini un objectif, un moyen pour l’atteindre et fournit l’effort nécessaire pour y parvenir. Dans ce cas, si les parents ne lui donnent pas l’occasion d’accomplir la « mission » qu’il s’est assigné et interrompent brutalement son programme, il se sentira méprisé et considérera que son programme n’avait pas la valeur qu’il lui prêtait en premier abord. Par conséquent, il est recommandé aux parents d’accorder à leur enfant une opportunité suffisante pour mettre en œuvre leur programme de jeu, quand bien même cela peut paraître plus long que le temps qui aurait été imparti à une personne adulte. On rapporte ainsi de l’Imam Sadiq paix sur lui : «l’enfant joue sept ans, il apprend le livre sept ans, et il apprend le licite et l’illicite sept ans » (Usul al-Kafi, t.6, pp.46-47). On rapporte encore de lui : « laissez votre enfant jouer pendant sept ans » (Usul al-Kafi, t.6, pp.46-47). En conclusion, on peut rappeler le procès-verbal du Saint Prophète paix sur lui et sa famille : « و لا يرهقه و لا يخرق به» «ne considérez pas (vos enfants) bêtes et ignorants, ni stupides et incapables» EDUCATION DES ENFANTS (5): LE RESPECT Il ne fait pas de doute que l’enfant a besoin des recommandations des parents pour distinguer le bien du mal. Il convient de lui faire comprendre ses bonnes actions par un encouragement tout en leur faisant comprendre leurs mauvaises actions par une réaction appropriée. Toutefois, les « il faut » et « faut pas » ne doivent pas excéder la sage limite. Une insistance inconsidérée de la part des parents se transforme bien vite en une forme d’irrespect, qui provoquerait inévitablement une réaction inverse de la part de l’enfant. Certains parents sont si impliqués dans les mouvements et les actes de leur enfant que celui-ci devient chaque jour de plus mauvaise humeur et se comporte à l’opposé des recommandations parentales. عن علي عليه السلام : الافراط في الملامة يشب نيران اللجاجة. On rapporte de l’Imam Ali paix sur lui : « l’excès de remontrance attise le feu de l’insubordination » (Tuhaf al-‘uqul, p.84) Le blâme permanent des parents vis-à-vis de l’enfant conduit à un abaissement de sa personnalité et ce dernier cherche tout naturellement à protéger son intégrité personnelle en refusant d’un bloc le message parental bienveillant en même temps que la manière regrettable qu’ils utilisent pour imposer leur point de vue. La méthode éducative consistant à humilier l’enfant en le poussant dans ses retranchements produira des fruits médiocres qui déclencheraient également des conséquences détestables pour l’environnement familial dans les années à venir. عن العسكري عليه السلام :جراة الولد علي والده في صغره تدعوا الي العقوق في كبره. On rapporte de l’Imam Hasan Askari paix sur lui : « l’insolence de l’enfant vis-à-vis de son père pendant l’enfance conduit à l’insatisfaction du père vis-à-vis de l’enfant pendant l’âge adulte ». (Tuhaf al-‘uqul, p.489) Un comportement poli et respectable des parents entre eux et envers l’enfant aidera ce dernier à distinguer chez lui ce qui est louable d’avec ce qui est détestable. Dès qu’il détecte une habitude ou une action qui susciterait chez les autres et chez ses parents une forme de désaccord et d’irrespect, il s’en détachera afin de préserver l’image respectable qu’il se fait de lui-même, sur la base innée de l’amour de soi. قال امير المؤمنين عليه السلام من كرمت عليه نفسه هانت عليه شهوته. On rapporte de l’Imam Ali ibn Abi Talib paix sur lui : « une personne dotée d’une haute personnalité et d’un esprit noble rabaisse et méprise ses tentations et ses passions » (Safina, p.726) Nous constatons que la personne noble ne s’accommode guère avec les déviations morales. La valeur qu’il accorde à sa personnalité ne l’autorise pas à commettre des pêchés ou des actions viles et détestables. Une personne désirant être véridique ne mentira pas, une personne désirant être honnête ne volera pas ni d’acceptera de « pot de vin », une personne fidèle sera digne de confiance dans le dépôt et ne trahira pas sa parole et le secret des gens. A l’inverse, une personne qui se verrait méprisable et sans valeur, se livrera plus facilement aux vilénies et aux bassesses morales, une impression renforcée par le regard que la société porte sur lui et ses actes. Cette personne pourra alors devenir dangereuse pour la société, car elle générera consciemment le pêché et des actions détestables. قال امير المؤمنين عليه السلام من هانت عليه نفسه فلا ترج خيره. On rapporte ainsi de l’Imam Ali Ibn Abi Talib paix sur lui : « N’attend rien de bon chez celui qui se pense méprisable» (Ghurar al-hikam, p.712) Par conséquent, il revient aux parents d’éduquer leurs enfants de façon à développer en eux un sentiment de personnalité et d’indépendance, en les acceptant comme un membre à part entière de la famille, de façon à ce que les enfants, d’eux-mêmes, s’efforcent à accepter les bons conseils, à faire le bien et à éviter les mauvais comportements et les pêchés. Un enfant avec une telle personnalité s’éduquera lui-même, avec l’aide des parents, dans un respect mutuel. C’est pourquoi les parents, en se plaçant à la place de leur enfant et en justifiant ses mouvements par des considérations adaptées au monde enfantin, et non pas sur des arguments développés généralement par des adultes, pourront expliquer à leur enfant la raison de leur prise de position par rapport à un fait précis et ce faisant, s’attirer sa confiance et capitaliser son amour. Rappelons alors le propos du saint Prophète paix sur lui et sa pure famille : « respectez vos enfants et améliorez leurs manières » Par exemple, lors d’une réception, le père est occupé à discuter avec les invités. Lorsque son enfant entre dans le salon et que les invités saluent l’enfant, il convient que le père accueille favorablement le respect dont font montre ses invités à l’égard de son enfant. Si l’enfant se voit respectable et doté d’une personnalité noble et indépendante, il pourra plus tard évoluer plus facilement dans son environnement social. Les petits-fils du saint Prophète, Hasan et Husayn paix sur eux, étaient dotés d’une personnalité si haute qu’alors qu’ils n’avaient que six ans, le saint Prophète fit acte d’allégeance avec ces deux enfants (Bihar al-anwar, t.12, p.119). Un vendredi, le second calife Omar était sur la chaire (minbar) quand Husayn paix sur lui entra dans la mosquée et s’adressa à Omar en ces termes : « descend de la chaire de mon père ! ». Omar pleura et dit : « tu dis vrai mon petit, c’est la chaire de ton père et pas celle du mien ». Ali paix sur lui se leva et dit : «Husayn n’a pas dit cela sur mon ordre ! ». Omar répondit alors : « O Aba al-Hasan, tu dis vrai et je ne t’accuse point suite à l’intervention de Husayn (car cet enfant a parlé de lui-même) » (Recueil de Warram, t.2 , p.88). On raconte que le calife Mamun vint à Bagdad suite au décès du huitième Imam Ali ibn Musa al-Riza paix sur lui. Le calife allait à la chasse. L’Imam Jawad, Muhammad Ibn Ali, paix sur lui avait alors onze ans et se trouvait parmi les enfants dans la rue. Quand le calife s’approcha, les enfants s’écartèrent mais l’Imam Jawad resta où il était. Le calife, attiré par son visage et son comportement remarquable, lui demanda : «pourquoi ne t’écartes tu pas comme les autres enfants ?». L’Imam lui répondit : «O commandeur des croyants, la route n’était pas si étroite que ma présence importunât ton passage et exigeât que je m’écartasse. Je n’ai par ailleurs commis aucun pêché qui m’aurait poussé à en fuir la punition, et j’ai le sentiment que le calife des musulmans ne punit pas les innocents, et c’est pourquoi je suis resté là où je me trouvais ». Le calife demanda alors : « quel est ton nom ? » Il dit : «Muhammad ». Le calife dit : « fils de qui ? ». Il dit : «Je suis le fils de ‘Ali al-Riza ». Le calife demanda à Dieu le pardon pour son père et continua son chemin. (Bihar al-anwar, t.12, p.122). D’une manière générale, la famille prophétique a été éduquée selon ce modèle de hautes qualités morales et l’on peut rappeler à cette égard la personnalité noble et louable de Fatima bint Muhammad et de Zaynab bint Ali paix sur elles quand elles défendirent les droits de leurs proches et les valeurs de l’islam lors de discours éloquents et courageux. Il convient donc de cultiver un grand respect à l’égard de ses enfants, qu’ils fussent garçons ou filles, afin qu’ils grandissent accompagnés de leur confiance en soi et d’un sentiment de grandeur morale.

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